J'aurais envie d'écrire une phrase, juste une.
Mais la plus belle de toute, quelque chose qui frapperait dans face et qui en laisserait des séquelles.
J'aimerais faire frissonner, et inventer de grandes histoires. J'écris comme une gifle de cinéma. Ça te fait presque mal, presque peur, et t'es presque soulagée que rien de tout ça soit vrai. J'écris comme les scènes de cul dans les séries télé. T'aimes presque ça, t'es presque mal à l'aise, et ça a l'air presque vrai. Une semi vérité, avec une presque envie que ça soit plus extrême que ça.
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Aujourd'hui, j'ai mit des bottes. J'étais contente ; j'avais pas à ma soucier de mes lacets. Attachés ou détachés, noeuds ou doubles boucles. Peu m'importait. J'avais pas à m'attacher, et mes deux pieds restaient bien ancrés au sol. La simplicité même, que j'me disais. Oh darling, no. Les enfants comme moi sont plutôt naifs. J'avais la tête à l'envers, les deux pieds dans l'ciel, et je me croyais ancré. Oh darling, no. C'est en portant mes bottes que j'ai apprit à enfiler, à m'défiler, à défier le ciel, à m'enfeeler de toutes ces étoiles qui ne brillent que derrière mes paupières closes.
Il fait froid. Je ne suis plus au centre du monde. Je suis sur la lune, et j'ai oublié mon casque, mon scaphandre, et tout le reste, dans ta fusée. Tu me regardes de par le hublot. Immobile et nue, je suis. Nue sur la lune, avec mes ridicules bottes.
Des belles bottes de peureuses. Peureuse, oui, mais quand même juste assez provocantes pour que la peur, elle-même, accourt et qu'elle te veule tout entière.
Aujourd'hui, la peur m'a enfilé, et cette fois, j'ai pas réussi à m'défeeler.